Après avoir quitté Kampung Chhnang, direction la capitale Phnom Penh, pour couper la route avant de rejoindre la cité du poivre : Kampot.

📖 PAUSE CULTURE À PHNOM PENH 📖

Mardi 5 mars. On choisit de visiter le Musée national mais on a trouvé ça naze. 10$ pour voir des centaines de statues de Buddha, Shiva et compagnie alors qu’on a fait 3 jours dans les temples d’Angkor, vraiment ça ne valait pas le coût. Y’avait juste un truc rigolo, le métier à tisser qui a fabriqué le record du monde de la plus grande écharpe, avec un message touchant démontrant que les femmes du Cambodge peuvent aussi détenir un record du monde. 23000 participantes, pendant 6 mois pour tisser cette écharpe de plus d’1km de long. Chapeau ! Euh écharpe !

Sortez couverts !

Du coup, on décide de ne pas aller voir le Palais royal mais plutôt d’aller se perdre dans les dédales du marché russe Psah Toul Tom Pong. Un vrai bazar immensément grand, où l’on a vite fait de se perdre. Evidemment, on trouve tout et son contraire : des écharpes en soie, du poisson frais (et du moins frais), des souvenirs, des fruits et légumes, des bijoux, des outils, des baguettes, une ruelle remplie de couturières à l’oeuvre…. Alors on a toujours pas compris pourquoi il s’appelle le marché russe mais bon…peut être que Google en saura plus que nous.

Rue des tissus

💀 AVOIR LES NERFS SOLIDES AU CHOEUNG EK GENOCIDAL CENTER 💀

Mercredi 6 mars. Une chose est sûre, on ne ressort pas indemne de la visite des Killing fields au Choeung Ek Genocidal Center. C’est une bonne claque qu’on se prend quand on nous raconte (avec beaucoup d’émotions) l’histoire terrible qu’a vécue il n’y a pas si longtemps le peuple khmer, dans les années 75. Mais il est important, à nos yeux, quand on visite un pays d’apprendre son histoire pour comprendre un petit peu mieux le présent aussi.

Dans cet ancien cimetière chinois, des milliers de khmers ont été assassinés dans des conditions abominables, sous le régime de Pol Pot, un despote sanguinaire complètement cinglé, à l’origine du génocide cambodgien provoquant la mort de 3 millions de personnes (sur 8 millions d’habitants) en à peine 3 ans. Déjà, ces quelques chiffres mettent dans l’ambiance.

Camps d’exécutions

Quand le régime a commencé à « épurer la population », les habitants « épargnés » ont été forcés de quitter leur village pour se retrouver esclaves de fermes collectives au service du régime. Quelle chance de faire partie du « peuple ancien »! Ils travaillaient nuit et jour sans manger, et beaucoup d’entre eux sont ainsi morts de faim ou de maladie. Il fallait bien sur renoncer à tout : ses idées, sa liberté, ses convictions, sa famille, ses amis. Adopter le régime communiste pur. Planter du riz, et se taire.

Quant à ceux considérés comme partisans du « peuple nouveau », ils étaient transportés vers des camps d’exécution (sans le savoir pour éviter la fuite) en camion. On leur faisait croire qu’ils étaient simplement déplacés vers d’autres fermes. Ces gens là, c’était les gens instruits, à lunettes, les moines ou les nonnes par exemple. Ceux qu’on exécutait sans se poser de questions. Tu sais lire le vietnamien ou le sanskrit, monte dans le camion ! Tu ouvres un livre dans le bon sens, même sentence. Tu parles avec un vietnamien ou tu crois en Dieu? Idem. Ah oui, et si un membre de la famille était destiné à mourir, on embarquait la famille au complet et les amis pour éviter les représailles. En suivant ce raisonnement, voilà comment on arrive à un bilan de 3 millions de morts.

Mais ce n’est pas tout! Avant de mourir, on leur faisait signer de fausses confessions (« j’ai pas écouté les consignes, je suis un espion de la CIA… »), comme si cela pouvait justifier de tels actes… Et ils terminaient peu de temps après dans les fosses communes. 300 personnes étaient tuées par jour. Mais les munitions coûtent cher donc il fallait trouver des solutions plus économiques n’est-ce pas? Et ces fous furieux faisaient preuve d’une imagination débordante pour fabriquer des instruments de torture et de mise à mort à moindre coût : hache, serpe, ou encore plus simplement des pierres et j’en passe…

Nous passons à côté des tombes aux corps sans tête, décapités par des feuilles tranchantes de palmiers, là encore un outil d’exécution super économique !

Une triste utilisation des feuilles de ce palmier

Séquence poignante, celle qui m’a tirée les larmes des yeux, près de l’arbre contre lequel on fracassait la boîte crânienne de milliers de bébés.

Hommage aux victimes

Enfin, on termine la visite guidée dans le monument souvenir, exposant sur 17 niveaux (en rappel au 17 avril 1975 où tout a commencé) 9000 crânes et autres os retrouvés sur les lieux. Uniquement les gros os y sont exhibés, pour des raisons de place… C’est en observant les crânes qu’on a pu identifier les circonstances de leur mort : autant vous dire que là aussi, il faut avoir le cœur bien accroché.

L’estomac retourné, on se dit qu’on a eu assez pour aujourd’hui, donc nous n’irons pas visiter la prison S21, où étaient détenus les khmers avant d’être transportés vers les camps d’exécution. On prend alors la route pour Kampot, où le séjour sera plus gai et plus léger.

✌️ON SE FAIT DES POTES À KAMPOT✌️

Nous sommes super bien accueillis par Morgan et son équipe au Man Groove hostel, endroit trop stylé qui donne sur la mangrove. Vous l’auriez pas deviné hein?

On rencontre la famille des 4 passeports et 4 sacs à dos (Fannie, Vincent et leurs 2 enfants), en voyage autour du monde pendant 8 mois avec qui nous partagerons de chouettes moments, et que nous aurons le plaisir de recroiser peut être plus tard dans notre voyage… Qui sait?

En revanche, un truc un peu moins cool qui nous accueille aussi, ce sont les puces de lit. On en avait entendu parler, mais pas encore testé ! Vu qu’on en loupe pas une, et qu’on a pas encore visité l’hôpital au Cambodge, fallait bien que ça nous arrive un jour ou l’autre. Ced s’en est rendu compte au milieu de la nuit, il me réveille et nous allons terminer la nuit sur les canapés dans la zone commune, dans nos draps de soie, pas encore contaminés.

C comme Clodo

Morgan le gérant est sincèrement désolé, mais promis on t’en veut pas ! C’est pas toi qui les as mises dans notre lit quand même ! Alors on vide la chambre pour qu’elle soit traitée et vu qu’aucune autre chambre n’est disponible on retentera le coup ce soir. Mais en attendant, explorons la campagne de Kampot !

🏞️ LA CAMPAGNE DE KAMPOT 🏞️

Jeudi 7 mars. Je vous disais que faire de la moto c’était tape-cul pas vrai? Mais je n’avais pas encore testé les routes de campagne à moto ! Alors là, je rebondis à chaque trou et chaque bosse mais c’est rigolo. Europa Park version Cambodge. On s’arrête dans une grotte, et l’accès se fait après avoir grimpé quelques marches.

Plusieurs gamins nous accostent pour nous servir de guide mais on sent l’embrouille alors on refuse poliment. On peut se débrouiller par nous même pour visiter une grotte. Ouais, mais non pas là. On a pas de lampe, le chemin est vraiment trop escarpé donc on fait demi-tour. On se pointe quand même à la sortie qui s’avère être vraiment très très étroite, et après avoir discuté avec certains qui l’ont fait, je pense que j’aurais vraiment flippé.

Nous passons par le Secret lake, sans baignade, car on ne trouve pas l’accès, et puis la couleur de l’eau ne nous attire pas plus que ça de toute manière.

Secret lake

🍍LA PLANTATION – UN PROJET REMARQUABLE🍍

En plus d’être une très belle ferme de poivre, bio, éco-responsable, traditionnelle, proposant des visites guidées gratuites et très intéressantes, le couple franco-belge à l’initiative de ce projet participe également au développement des écoles du village. Respect aux informaticiens qui ont tout quitté du jour au lendemain pour investir dans cette belle cause. Pour en savoir plus, rendez-vous sur leur site.

Plantation de décor

Avant d’entamer la visite, nous mangeons dans le resto de la ferme des plats cuisinés à merveille à base de poivre évidemment. Ced se régalera avec le boeuf Lok Lak, et moi je savourerai un plateau de poissons fumés.

Resto de la plantation

On en apprend un rayon sur la culture traditionnelle du poivre, et on se rend compte du travail de titan qui est réalisé à chacune des étapes, avant, pendant et après la récolte pour obtenir un poivre d’exception. Tout est fait à la main, et lors de la récolte, les grains sont triés un à un par les petites mains de ces dames, et plusieurs fois avant d’être validés pour la vente.

Chaque variété de poivre a sa particularité, suivant la maturation et la période de récolte mais chacun d’entre eux pousse sur la même liane :

  • le poivre vert, récolté à partir de janvier, se déguste frais bien qu’il puisse aussi être fermenté dans du sel pour être conservé plus longtemps.
  • le poivre noir, est en fait le poivre vert mûr ayant subi un processus de séchage au soleil pendant quelques jours.
  • le poivre rouge, emblème de Kampot, est récolté en mars à pleine maturité.
  • le poivre blanc correspond au poivre rouge transformé, après une phase de trempage.

Dans la ferme, poussent également des mangues, ananas, fruits de la passion et autres merveilles gustatives qui participent au concept de permaculture de La plantation.

La visite guidée a été rondement menée, avec des explications claires et très intéressantes, mais place maintenant à la dégustation! C’est tout simplement un régal ! En plus, on a même le droit de goûter à d’autres épices comme le curcuma, surprenant par sa saveur très différente de celui que l’on trouve habituellement dans le commerce.

Comme dit Ced, c’est un peu comme une dégustation de vins, après en avoir goûté une dizaine, on ne sait plus lequel on aime alors on finit par dévaliser la boutique pour être sûr d’avoir choisi le bon ! Et hop, 1 kg de plus dans le sac à dos!

🛶 SUNSET MANGROVE TOUR 🛶

On rentre juste à temps pour faire le tour de bateau proposé par la guesthouse. Tout simplement génial. 40 minutes dans un p’tit bateau rien que pour nous 2, le long de la mangrove pour rallier l’embouchure de la mer. Sur place, promenade sur les pontons dans la mangrove, en attendant un exceptionnel coucher de soleil.

Mais le clou du spectacle est sans aucun doute le retour en bateau, en poursuivant les couleurs éclatantes du ciel juste après le coucher du soleil. Hélas, les photos ne rendent pas autant d’éclat que ce que nous avons vu de nos yeux, mais cela vous donnera un aperçu tout de même.

Petit aperçu des couleurs

Nous sympathisons avec Mika, que l’on peut considérer comme un résident de Kampot, après 3 mois de sédentarisation dans ce village, où il y fait bon vivre ! Merci à toi pour les bons moments partagés ensemble.

Hélas, l’extermination des puces fut un échec donc on dormira encore sur les canapés comme la nuit passée.

🦀 UN P’TIT TOUR À KEP ET PUIS S’EN VONT 🦀

Vendredi 8 mars. Nous allons nous promener à moto dans le parc national de Kep, qui n’a rien d’extraordinaire. Un petit point de vue, une montée d’adrénaline dans les sentiers forestiers où j’ai préféré continuer à pied et puis direction le bord de mer !

La mer de Kep

On enchaîne avec le resto La Baraka, pour déguster la spécialité du coin incontournable : le crabe bleu au poivre vert. Ced se laissera plutôt tenter par un plateau de fromage français donc en gros on s’est pétés le bide.

Nous allons ensuite sur le typique marché aux crabes, où l’on peut acheter les produits fraîchement pêchés et les cuisiner dans la foulée.

Ce soir est un grand soir, nous dormons dans une autre chambre, qui n’est pas envahie par les puces, donc nous pourrons prendre la route demain, reposés. Merci Morgan pour ton geste commercial, car au final nous n’avons payé aucune des nuits. Donc n’hésitez pas à aller chez lui, le coup des puces c’était un coup de pas d’bol, mais il met tout en oeuvre pour se défaire de ce fléau définitivement !

🔄 FAUX DÉPART 🔄

Samedi 9 mars. Petit déj de folie à la boulangerie franco-cambodgienne « Délices du Cambodge et de France », en compagnie des 4 passeports et 4 sacs à dos. On papote, on papote, mais il faut qu’on prenne la route pour traverser la frontière, car le bateau pour Phu Quoc est à 12h.

4 passeports + 2C = une belle équipe !

Donc nous voilà à la frontière, et là prise de conscience : j’ai oublié mon passeport à la Guesthouse ! Et voilà une bonne petite CHARLOUCHERIE (surnom donné aux boulettes de Cha alias Charlouche) qui nous oblige à faire demi tour. Tu vois Morgan, on t’aime tellement qu’on trouve n’importe quel prétexte pour revenir chez toi !

Ecoutez, 100 km assis confortablement sur une moto au lieu de 30 je trouve que c’est vachement bien ! Autant dire que le bateau de 12h , c’est mort mais on tente celui de 14h ! On y était presque mais nous n’avions pas de dongs pour payer les tickets…. Alors on va retirer, et on prend notre temps car le prochain bateau est à….. 17h30 ! On s’adapte, on annule notre hôtel dans le nord de l’île pour choisir une Guesthouse plus près du port pour éviter de trop rouler la nuit. Et nous voilà arrivés au VIETNAM !

Découvrez encore plus de photos du sud de Phnom Penh et Kampot ! RDV dans la Galerie Cambodge - De Battambang à Kampot

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  • Tika dit :

    Cette aventure m’a énormément marquée c’est terrible, terrifiant j’en ai chialé ! Tellement de souffrance et tristesse !!!! Heureusement qu’il y a les repas français 😉 hein Titou 😂 moi j’aurais opté pour le repas de cha 😋 et super projet j’adore leur concept les franco-Belge 👍 bisous les loulous 😘

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